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Les cent ans de Dracula ; huit histoires de vampires de Goethe à Lovecraft

Fiche descriptive
Séquence didactique
Annexes
Les cent ans de Dracula ; huit histoires de vampires de Goethe à Lovecraft
Anthologie présentée par Barbara Sadoul
Par Marie-Andrée Marquina


Nationalité de l'auteur : Autres
Genre : Nouvelles
Courant :
Siècle : 19e siècle
Groupe d'âge visé : Collégial
Auteur de la séquence : Marie-Andrée Marquina
Date du dépôt : Automne 2003


Le mythe du vampire fascine les hommes et parcourt les siècles. Pourquoi ne pas montrer une facette littéraire de ce phénomène, et ce, en comparant plusieurs histoires écrites à des époques différentes et par des auteurs de nationalités diverses ? Quelle est l’origine de ce mythe ? D’où émerge cette écriture fantastique et quelles sont ses caractéristiques, ses thèmes ? Qui sont les auteurs les plus connus ayant contribué à enrichir ce corpus d’histoires de vampires ? Comment cette fascination pour l’image du vampire a-t-elle traversé les époques et comment est-elle traitée aujourd'hui ? Ces situations-problèmes seront abordées au cours des cinq semaines sur lesquelles s’échelonnera l’étude du recueil choisi. De plus, la question du « double », tant chez les personnages que dans la diégèse, sera étudiée précisément dans chacune des œuvres formant le recueil. Voyons maintenant comment s’organisera la séquence en détaillant ce qui sera enseigné avant, pendant et après la lecture des textes par les élèves de même que les activités qui les aideront à mieux apprivoiser l’objet.

Avant la lecture de l’œuvre (deux semaines)

Afin de bien situer l’œuvre dans son contexte et de préparer les élèves à sa lecture, il s’avérerait intéressant de les informer de l’origine du mythe. Au premier cours de la séquence, il serait possible de les interroger collectivement sur ce qu’ils connaissent des vampires et d’où leur proviennent ces connaissances qui forment ces conceptions. Ont-ils déjà lu des histoires de vampires ? Ont-ils vu des films à ce sujet ? Est-ce qu’il s’agit simplement d’une image fictive banalisée par Hollywood ou la fête de l’Halloween ? Peu importe d’où proviennent ces informations, l’idéal est de les situer historiquement (et géographiquement) et de leur montrer qu’à une certaine époque, les gens y croyaient vraiment. Tout comme le personnage, ce mythe « immortel » a subi des transformations. Par la suite, les élèves seront en mesure de comparer leurs conceptions primaires avec la matière apprise. Lors de ce cours, ils pourraient, en sous-groupes, élaborer un tableau illustrant l’opposition de ces données. Il servirait à valider leurs hypothèses quant à l’œuvre qu’ils auront à lire (Est-ce que les différents personnages ressemblent plus à l’ancienne conception du mythe ou à la nouvelle ?).

Au cours suivant, le moment serait venu de leur enseigner les origines de l’écriture fantastique, en abordant sommairement le romantisme et ses caractéristiques thématiques et formelles (beauté, nature, « exaltation du moi souffrant », narration au « je », etc.), les figures de style (métaphores, énumérations, etc.) et les auteurs connus (Hugo, Goethe, Constant). Il faudra également situer temporellement le courant. Pour illustrer cette théorie, la lecture en groupe d’un court extrait des Souffrances du jeune Werther1 de Goethe servirait adéquatement le but poursuivi. De plus, étant donné que Goethe figure parmi les auteurs desquels on a retenu un texte pour former ce recueil de nouvelles, les élèves pourront comparer d’eux-mêmes son style fantastique à celui essentiellement romantique. Toutefois, pour leur permettre de faire cette comparaison, un cours sera consacré au fantastique et à ses manifestations dans la littérature. Afin de ne pas trop désorienter les élèves, le cours sera construit de la même façon que celui sur le romantisme (thématique, figues de style, auteurs connus, époque, lieux, etc.). Comme le thème du double prend alors son ampleur, la situation-problème sera largement détaillée. De même, il ne faut pas oublier d’expliquer aux étudiants ce qu’est une nouvelle. Afin d’éviter la confusion, il faudrait également expliquer brièvement la distinction entre le genre fantastique, le merveilleux et la science-fiction.

À la fin de la deuxième semaine, après avoir mis en place les notions théoriques, nous verrons en classe la très courte nouvelle « Le portrait ovale2 » d’Edgar Allan Poe. Grâce à ce texte, les élèves (en sous-groupes) pourront expérimenter et tenter de faire ressortir les caractéristiques enseignées sur le fantastique. Comme la figure du vampire dans cette œuvre est différente de la conception traditionnelle et sanguinaire exprimée par le recueil à lire et les clichés modernes, ils pourront visualiser une autre dimension de ce phénomène.

Voyons maintenant ce qui serait fait pendant les cours, lors de la période de lecture du recueil de nouvelles.

Pendant la lecture de l’œuvre (une semaine)

Afin d’illustrer une autre de ces représentations, la présentation du film Dracula de Francis Ford Coppola me semble judicieuse. Comme il s’agit d’une œuvre cinématographique adaptée à partir du livre de Bram Stoker, les élèves pourront voir, tout en se divertissant, le travail d’interprétation du cinéaste. Lors du cours précédant le visionnement de la vidéo, il faudrait demander aux élèves de lire la nouvelle « L’invité de Dracula » présente dans le recueil. Celle-ci se veut l’introduction à ce film. Ne perdant pas de vue les problématiques de base que sont la thématique propre au fantastique et le « double », les élèves pourront, au cours suivant, débattre sur le sujet lors d’une période consacrée à cette nouvelle et au film. Accompagnés d’un bref historique sur la genèse de l’œuvre, ils pourront aussi travailler sur les difficultés d’adaptation et de perception du texte lorsqu’il est présenté d’après le regard d’une seule personne. Comment avaient-ils perçu les personnages et l’environnement ? En quoi le film vient-il renforcer leurs visions ou les contredire ?

Il faudra, pour les deux rencontres à venir, qu’ils aient lu « La morte amoureuse » et le reste du recueil en conservant le fil conducteur de la thématique du fantastique et du dédoublement en tête.

Après la lecture de l’œuvre (deux semaines : une semaine « théorique » et une semaine « pratique »)

Si j’ai choisi d’approfondir la matière en utilisant « La morte amoureuse » de Théophile Gautier, la raison est bien simple. Cette nouvelle illustre, à elle seule, tous les éléments théoriques abordés depuis le début de la séquence. Toujours dans le but de situer les élèves, un profil biographique sera tracé sur l’auteur, pour leur montrer que celui-ci s’est inspiré de son vécu pour écrire son œuvre. Dans ce texte, nous trouvons une conception du vampire différente de celle de Bram Stoker. De plus, la thématique et la symbolique font directement écho à ce qui est qualifié de « fantastique » par ceux qui définissent le genre. La présence de la situation-problème illustrée par la « double vie » des personnages dans « La morte amoureuse » apparaît concrètement dans la diégèse. Comme le genre fantastique découle du romantisme, il est également possible de réactiver les connaissances des élèves sur ce courant en leur faisant déceler certaines de ses caractéristiques dans la nouvelle de Gautier. Au cours suivant, il ne restera plus qu’à traiter des six autres nouvelles (sommairement, il va sans dire) en les comparant les unes avec les autres. Pour ce faire, les élèves construiront en équipes des fiches qui indiqueront sommairement s’il y a présence ou non du double dans chacune des nouvelles, quels sont les principaux thèmes abordés, si les personnages « humains » ont les mêmes caractéristiques dans les différentes histoires et comment l’image du vampire est abordée dans chaque cas. Bien que cette activité formative semble ardue, elle résulte tout simplement des apprentissages effectués et préparera les élèves à la rédaction d’une nouvelle. S’ils n’ont pas terminé en classe, ils ont la possibilité de continuer à l’extérieur du cours.

Évaluation sommative (la semaine « pratique »)

Il serait intéressant que les élèves écrivent eux-mêmes une courte nouvelle en utilisant des caractéristiques des œuvres qu’ils ont lues, d’où l’utilité des fiches préparatoires, et qu’ils réfléchissent, lors de leurs descriptions, sur la manière d’adapter cette œuvre à l’écran. Ce faisant, ils utiliseraient la théorie, en valorisant le thème du double, et l’appliqueraient à l’univers télévisuel, comme ce fut le cas avec Dracula. Cette histoire scénarisée serait d’environ 800 mots et compterait pour 25 % de la note finale. Comme ils ont eu la chance de se préparer et de débattre largement de ce sujet, les élèves procéderaient à la rédaction de manière individuelle. Ils devront laisser aller leur imagination tout en incluant ce qu’ils ont réellement appris, sans se fier aux idées des autres. Deux périodes (quatre heures) seront accordées à ce travail.

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1 Wolfgand Goethe, Les souffrances du jeune Werther, Paris, Gallimard, Coll. « Folio classique », 1973, 184 p.
2 Edgar Allan Poe, « Le portrait ovale » dans Les nouvelles histoires extraordinaires, Paris, Gallimard, Coll « Folio classique », 1974, 374 p.



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