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La Morte amoureuse, Avatar et autres récits fantastiques

Nom de l'auteur ou autrice de l'oeuvre
Prénom
Théophile
Nom
GAUTIER

À propos de l'oeuvre

Titre
La Morte amoureuse, Avatar et autres récits fantastiques
Genre
Contes
Courant
Fantastique
Siècle
19e siècle
Titre

Auteure ou auteur

Nom de l'auteur ou autrice de l'oeuvre
Prénom
Théophile
Nom
GAUTIER
Nationalité
Française

À propos de la séquence didactique

Membres de l'équipe
Dominique Pelletier
Session du depot
Date du dépôt
hiver 2006
Groupe d'âge visé
Collégial
Mots clés
réel , imaginaire, tension, surnaturel, peur
Droits d'auteur
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Séquence didactique

Séquence

CHOIX DE L’ŒUVRE

 

Cette œuvre du dix-neuvième siècle français a été privilégiée en raison de la variété des moyens déployés par Théophile Gautier pour faire éclater, à travers les neuf récits proposés, les frontières du réel et de l’imaginaire. L’admiration que vouait l’auteur à certains de ses prédécesseurs s’est en effet traduite par le recours dans ses propres intrigues à des thématiques contribuant à multiplier les pistes interprétatives.

 

PROBLÈME DE LECTURE ET OBJECTIF DE LA SÉQUENCE

 

Afin de bien saisir les enjeux de l’œuvre étudiée, l’élève sera amené à résoudre le problème de lecture suivant : identifier l’éventail des procédés liés à l’intrusion du surnaturel dans la vie réelle afin de saisir le type de fantastique pratiqué par Théophile Gautier.

 

Au terme de cette séquence, l’apprenant sera en mesure de rédiger un commentaire composé de 700 mots dans lequel il analysera le contenu et la forme inhérents à l’un des récits du recueil.

 

RÔLE DE L’ENSEIGNANTE

 

L’enseignante encadrera les membres du groupe à toutes les étapes du processus afin de favoriser l’intégration progressive des savoirs et des savoir-faire. Elle leur présentera le contenu de la séquence et leur proposera des activités à réaliser avant, pendant et après la lecture de huit des neuf récits. Le dernier texte sera en effet écarté en raison de sa longueur et du nombre d’heures consacrées à la séquence. Les exposés magistraux viseront, pour leur part, la compréhension des mécanismes régissant l’œuvre fantastique de Gautier.

 

SÉQUENCE DIDACTIQUE

 

AVANT LA LECTURE (6 heures)

 

Séance 1

 

Comparaison du fantastique et de la science-fiction

 

Cette activité vise à vérifier la perception des élèves à l’égard des deux genres précités. Ces derniers devront inscrire spontanément les deux mots représentant le plus fidèlement leur conception du fantastique et de la science-fiction sur une fiche de carton. Ils devront ensuite classer les livres et les affiches apportés par l’enseignante en fonction du genre auquel ils appartiennent, puis établir les caractéristiques propres à chacun.

 

L’enseignante abordera ensuite le contexte social et historique lié à la littérature fantastique au XIXe siècle. Seront également présentés le cadre spatiotemporel, certaines thématiques et le dénouement qui y sont généralement associés. Afin de bien se préparer à la séance, les élèves avaient été invités à lire deux textes de leur ouvrage, soit La Cafetière et Le Pied de momie. L’analyse de l’incipit de ces récits en classe leur permettra de mieux saisir en quoi consiste l’amorce du fantastique.

 

Séance 2

 

Étude du paratexte de trois éditions des récits fantastiques de Théophile Gautier

 

En équipes de trois, les élèves prépareront un tableau sur les caractéristiques des personnages privilégiées par Gautier, et ce, à partir de l’information apparaissant sur les première et quatrième couvertures des œuvres. À partir de ce relevé, chacun devra rédiger une hypothèse de lecture pouvant s’appliquer aux différents récits étudiés.

 

L’enseignante traitera également de l’ensemble des figures, humaines ou non, que met en scène l’auteur dans ses récits. Les élèves seront alors invités à établir, en grand groupe, la liste des protagonistes en action dans La Cafetière et Le Pied de momie, textes utilisés lors de la première séance.

 

Séance 3

 

Production de la fin d’un récit

 

La dernière séance préparatoire illustrera l’importance de porter une grande attention aux indices fournis par un texte afin d’en saisir les enjeux. Avec les élèves, l’enseignante fera l’analyse d’Omphale, autre récit de l’ouvrage de Gautier, dont elle leur avait d’ailleurs demandé de lire les pages 61 à 70. À partir de l’information fournie dans l’incipit et aux pages 65 à 69, le groupe sera amené à développer son habileté à décoder les marques correspondant à la montée progressive de la tension. Une attention particulière sera accordée aux champs lexicaux et aux temps verbaux. À travers l’étude d’Omphale, l’enseignante donnera aux élèves un aperçu des autres moyens par lesquels peut surgir le surnaturel chez Gautier. Il y aura également réactivation des connaissances sur les instances narratives.

 

Les membres du groupe seront ensuite invités à imaginer eux-mêmes la conclusion du récit étudié; l’enseignante leur avait demandé de se prêter au jeu et de ne pas lire la fin de l’histoire. Cette activité leur fera prendre conscience de la frontière floue entre les récits réalistes et fantastiques. En dyades, les élèves devront rédiger un paragraphe d’une vingtaine de lignes; ils compareront ensuite leur texte avec le choix de l’auteur. Des volontaires seront invités à lire leur texte à l’ensemble de la classe.

 

La lecture individuelle des autres textes pourra ensuite débuter. Les élèves devront se concentrer, pour la quatrième séance, sur ces trois récits : La Morte amoureuse, Le Chevalier double et Deux acteurs pour un rôle. Ils devront également avoir lu Avatar pour la cinquième séance. Arria Marcella sera, pour sa part, utilisé lors de l’examen final. Cette répartition permettra à l’enseignante d’accompagner les élèves et de leur proposer des activités appropriées.

 

Pour chacun des textes, les élèves seront appelés à remplir un tableau contenant les éléments d’information suivants : faits étranges, lieu, moment et durée, forme de la narration, champ lexical et exemples liés à la peur, moyens stylistiques utilisés par le narrateur (cet aspect sera abordé lors de la quatrième séance); ils devront également noter leurs commentaires, de même que les difficultés rencontrées en cours de lecture. Finalement, les apprenants fourniront leur propre interprétation de l’histoire. Les outils mis à leur disposition les amèneront à porter un regard critique sur leurs pratiques de lecture. Comme chacune des séances subséquentes débutera par un court échange sur les lectures faites, ils devront également s’entrainer à verbaliser leur enthousiasme à l’égard d’un texte de même que les obstacles auxquels ils se seront butés. Les notes prises seront en outre réinvesties lors de la sixième séance.

 

PENDANT LA LECTURE (6 heures)

 

Séance 4

 

Description d’une scène étrange

 

Cette séance sera l’occasion d’insister sur les figures textuelles servant à exprimer l’incertitude et la peur dans le registre fantastique. L’enseignante traitera plus particulièrement de la métaphore, de l’antithèse, de la personnification, de l’hyperbole et des modalisateurs à partir d’exemples tirés de La Morte amoureuse (p. 81, 85, 93, 106), du récit Le Chevalier double (p. 121, 127, 129) et de Deux acteurs pour un rôle (p. 153, 159, 161). Elle remettra également aux élèves un tableau récapitulant ces procédés d’écriture. Ils seront alors en mesure de réaliser l’activité décrite dans la consigne suivante :

 

Le héros de l’un des trois textes ci-dessus (en choisir un) est transporté au XXIe siècle et va au cinéma avec un personnage tiré de l’un des deux autres récits. Un étrange spectateur vient s’assoir à côté d’eux; à un certain moment, il disparait. Le lendemain, le héros écrit à un ami pour lui raconter son aventure. Il dépeint le personnage rencontré, puis il exprime la peur ressentie et de surcroit, ses doutes. Au moyen du champ lexical et des temps verbaux appropriés, écrivez cette lettre d’environ une page. Vous devez également recourir à au moins trois figures de style et à quatre modalisateurs. Vous pouvez aussi vous inspirer du troisième texte proposé.

 

Cette activité d’écriture vise, à travers la manipulation des textes, l’appropriation des nouvelles notions de même que l’intégration des savoirs acquis au cours des séances précédentes.

 

Séance 5

 

Groupes d’experts

 

Pour la prochaine activité, les élèves doivent avoir lu le texte Avatar et rempli le tableau d’accompagnement remis lors de la troisième séance. Cette activité les amènera à démontrer leur autonomie en matière d’analyse textuelle et à développer leur habileté à entrer en contact avec autrui afin de communiquer efficacement. En classe, ils devront se répartir en huit équipes de quatre, chaque membre devant choisir de traiter de l’une des dimensions suivantes de l’extrait des pages 232 à 255 du texte : thématiques, personnages mis en scène, procédés d’écriture, cadre spatiotemporel.

 

Les huit apprenants ayant opté pour le même sujet se diviseront alors en deux sous-groupes, chacun devant préparer un document dans lequel il appuiera ses arguments à l’aide d’exemples. Après une heure, les élèves rejoindront les autres spécialistes de leur sujet pour effectuer une mise en commun de l’information recueillie. Ils retourneront ensuite dans leur groupe d’origine et présenteront le résultat de leur travail à tour de rôle; les autres membres seront alors invités à prendre des notes. L’exercice se poursuivra à la séance suivante.

 

Séance 6

 

Synthèse de la séquence

 

La première partie de cette séance sera consacrée à la suite de l’activité du bloc précédent. L’enseignante demandera à un représentant de chaque groupe d’experts d’inscrire au tableau les principaux éléments soulevés au cours de la session de travail. S’ensuivra une synthèse de la séquence.

 

À la maison, les élèves auront listé les éléments thématiques et formels privilégiés par Théophile Gautier pour installer le surnaturel, la peur et le doute dans ses récits. En classe, ils échangeront leurs données avec un collègue qui les complètera à l’aide de son propre relevé. Chacun se placera ensuite dans une autre dyade pour élaborer un schéma tenant compte des éléments les plus pertinents. La collaboration à la préparation d’une affiche obligera les élèves à porter un regard critique sur les données recueillies tout au long de la séquence. En comparant leurs notes avec celles d’un collègue, ils pourront également en valider la pertinence et mieux se préparer au commentaire composé.

 

APRÈS LA LECTURE (4 heures)

 

Séances 7 et 8

 

Commentaire composé

 

À partir de l’un des textes suivants : Avatar ou Arria Marcella, les élèves devront rédiger puis réviser un commentaire composé dans lequel ils analyseront les procédés mis en œuvre pour opposer le réel et le fantastique chez Théophile Gautier. Le commentaire devra totaliser environ 700 mots. Le commentaire devra contenir une introduction, deux idées principales, quatre idées secondaires et une conclusion; il faudra également y intégrer au moins quatre modalisateurs et quatre figures de style. Cette épreuve sommative vise à intégrer les savoirs et les savoir-faire acquis durant la séquence.

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

Outre les œuvres littéraires, certains textes théoriques ont été utilisés dans la préparation de cette séquence. En voici quelques-uns :

 

DE KONINCK, Godelieve. « Un dialogue pédagogique : lequel? pourquoi? comment? », dans Québec français, no 106 (été 1997), p. 31-34.

 

DUFAYS, Jean-Louis, Louis GEMENNE et Dominique LEDUR. Pour une lecture littéraire 1, Bruxelles, De Boeck/Duculot, 1996, 302 p.

 

DUFAYS, Jean-Louis, Louis GEMENNE et Dominique LEDUR. Pour une lecture littéraire 2, Bruxelles, De Boeck/Duculot, 1996, 381 p.

 

FALARDEAU, Érick. « Pistes d’entrée en littérature ou en lecture? », dans Enjeux, no 58 (décembre 2003), p. 83-93.

 

MÉNARD, Mario. « Valoriser la discussion pour raviver la communication orale », dans Québec français, no 118 (été 2000), p. 34-38.

 

POLLET, Marie-Christine et Jean-Maurice ROSIER. « Lire le littéraire aujourd’hui », dans Enjeux, n32 (juin 1994), p. 57-75.

 

SIMARD, Claude. « Les choix des textes littéraires; une question idéologique », dans Québec français, no 100 (hiver 1996), p. 44-47.

 

SIMARD, Denis et Stéphane MARTINEAU. « Quelle culture à l’école : Goethe ou Herder? », dans Pédagogie collégiale, vol. 12, no 4 (mai 1999), p. 8-12.

 

ZAKHARTCHOUK, Jean-Michel. L’enseignant, un passeur culturel, Paris, ESF éditeur, 1999, 126 p.