La vie devant soi
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Séquence didactique
Planification, élaboration et présentation d'une séquence didactique
La vie devant soi
Jade Cyr , Marie-Philippe Ferland et Louis Vézina
Introduction
La présente séquence didactique, destinée à des élèves de cinquième secondaire, s’articule autour du roman La vie devant soi de Romain Gary et d’un ensemble d’objectifs généraux, soit comprendre certains éléments sociohistoriques et linguistiques de l’œuvre, interpréter et apprécier certains extraits préalablement sélectionnés, réagir à l’œuvre dans son ensemble puis réinvestir les savoirs mobilisés dans une démarche d’écriture. Pour ce faire, la séquence, structurée en deux temps, présente sept activités réparties en huit séances. Lors des trois premières séances, les élèves se familiarisent avec le contexte dans lequel s'inscrit le récit ainsi qu’avec ses particularités langagières en plus d’entamer un carnet de lecteur. Une fois la lecture du roman complétée, les périodes subséquentes sont dédiées, dans l’ordre, à une brève analyse des thèmes du roman, à un comité de lecture, à un débat interprétatif puis à la création d’un pastiche. La présentation de chaque séance sera suivie d’un paragraphe justificatif.
| Séance 1: Activité d’amorce |
Objectif spécifique : - S’approprier les éléments essentiels du contexte sociohistorique de la France, et plus précisément du Paris des années 70, afin de mieux comprendre le roman La vie devant soi de Romain Gary dès le premier chapitre du livre. |
Savoirs historiques mobilisés : - Le contexte sociohistorique des trente dernières années précédant le contexte du livre, soit des années 40 aux années 70; - la Deuxième Guerre mondiale du point de vue français, soit la Collaboration, la rafle du Vélodrome d’Hiver et Auschwitz; - l’apparition de la pilule contraceptive et la décriminalisation de l’avortement l’année même de l’écriture du roman, c’est-à-dire en 1975; - les vagues d’immigration en France et le regroupement des immigrants dans des quartiers comme Belleville; - les lieux et quartiers de Paris mentionnés dans le texte, comme les quartiers de Belleville et de la Goutte d’Or, le Bois de Boulogne; - des concepts typiquement français, tels que l’Assistance publique. |
Devoir: les élèves doivent lire les chapitres 2 à 4, soit 26 pages, pour la séance 2. |
Justification : Les connaissances des élèves sur le sujet peuvent être plus déterminantes que les habiletés en écriture en ce qui concerne la qualité du texte produit (Fayol, 1996). Ainsi, dans une perspective de création littéraire en fin de séquence didactique, il semble incontournable que les élèves comprennent le contexte dans lequel s’inscrit le récit ainsi que certains éléments discursifs tels que le langage employé par Momo, personnage principal et narrateur de l’histoire.
Selon la Progression des apprentissages (PDA), la quatrième de couverture est un genre ayant déjà été vu en première secondaire tandis qu’au premier cycle, dans la compétence « Lire et apprécier des textes variés », on s’attend déjà à ce que les élèves puissent « anticiper le contenu à partir d’indices » (MELS, 2011, p. 83). Ainsi, l’activité basée sur des questions d’anticipation devrait pouvoir se faire très rapidement.
L’amorce est un enseignement magistral interactif appuyé par Kahoot, qui, selon Licorish et al. (2017), améliore l’engagement, la motivation, l’expérience d’apprentissage pour les élèves et la qualité de l’enseignement. À partir de questions simples telles « Où se situe le quartier de Belleville ? » ou « Qu’est-ce que la rafle du vélodrome d’Hiver ? », l'enseignant invite les élèves à répondre, puis ajoute des précisions au besoin : il peut par exemple montrer une carte de Paris ou des images de la rafle, facilitant l'appropriation du contexte et des éléments historiques qui caractérisent le récit. Le Kahoot permet également de présenter différents savoirs qui pourraient sembler disparates autrement.
La lecture commentée à voix haute par l’enseignant lui permet d’insérer, au fil de sa lecture, des rappels par rapport aux contenus présentés lors du Kahoot, de poser des questions de compréhension ou d’anticipation aux élèves ou encore de répondre aux questions de ceux-ci. Cette lecture permet rapidement aux apprenants de constater le style oral qu’emprunte Momo. Ainsi, grâce à cette première lecture par l’enseignant, les élèves auront tous les mêmes bases lorsqu’ils devront poursuivre par eux-mêmes leur lecture.
| Séance 2 : Carnet de lecteur |
| Objectif spécifique : Réagir et interpréter l’œuvre de Romain Gary en s’appuyant sur ses ressources subjectives. |
Déroulement :
Devoir : les élèves commencent la première section du carnet de lecteur ; ils trouvent un titre pour les quatre premiers chapitres et les résument en mots-clés. Pour la séance 3, ils devraient avoir terminé les chapitres 5 à 7. |
Justification : L’objectif de la séquence englobe trois sous-objectifs, soit « Comprendre l’essentiel des chapitres du roman et la nature de la relation de Momo et Madame Rosa en vue de l’activité de création littéraire », « Développer ses compétences culturelles et langagières » ainsi que « Mettre à distance ses pratiques de lecture ». Avec le carnet de lecture, mais aussi par les questions posées indépendamment du texte, on cherche à ce que les élèves comprennent « que lire la littérature consiste à faire des allers et retours entre le texte et soi, à le lier à sa propre expérience du monde.» (Ahr et Joole, 2010, p. 77) Les questions étant posées alors que peu de chapitres ont été lus donnent une certaine marge de manœuvre à l’enseignant. Ainsi, s’il constate les difficultés récurrentes chez les élèves, s’il sent qu’il doit donner davantage d’explications ou qu’une discussion avec les élèves est de mise, il a la possibilité de le faire tôt dans la séquence didactique, avant même que les élèves ne fassent par eux-mêmes la lecture complète de l’œuvre, lecture qui aura lieu dans les deux semaines entre la séance trois et quatre. Le choix de demander aux élèves d’attribuer un titre à chaque chapitre ainsi que de résumer par mots-clés les chapitres encourage simultanément la compréhension et l’interprétation. Une fois la lecture de l’œuvre terminée, les élèves se retrouveront ainsi avec une vue d’ensemble et une trace écrite. Ils pourront notamment s’y référer lors du comité de lecture, du débat interprétatif ou de la rédaction du pastiche. Les titres créés seront eux-mêmes réinvestis dans une des questions du débat interprétatif.
| Séance 3: Figures de style |
Objectifs spécifiques : - Se familiariser avec les locutions, la personnification et la réification à l’aide de l’œuvre et du dictionnaire Antidote; - rédiger des gammes d’écriture en réinvestissant les connaissances des effets stylistiques et des figures de style. |
Déroulement:
Devoir : Lecture à la maison. Afin de terminer la lecture avant les deux semaines qui leur sont allouées, les élèves devraient lire deux à trois chapitres par séance en classe, soit approximativement 25 pages, et répondre dans leur carnet de lecteur aux questions suivantes: « Qu’est-ce que tu as compris de la lecture de ce texte ? À l'inverse, qu'est-ce que tu n'as pas compris? Selon toi, que veut nous dire ce texte ? Que te dit-il à toi ? Ce texte vaut-il la peine d’être lu? Justifie ta réponse. » |
Justification : Cette activité, qui se tient au local informatique, est un bon moment pour intégrer les TIC. Elle permet aux élèves de découvrir une fonctionnalité très intéressante d’Antidote, la section Locutions, et de se l’approprier par le biais d’une activité créative. Les gammes d’écriture sont des ateliers d’écriture en classe, « enclavées dans une progression d’ensemble visant à un minimum de cohérence. » (Petitjean, p. 50) L’idée ici est que les élèves se servent des figures de style pour construire des phrases qui pourraient ressembler à celles de Momo, le narrateur du roman. Ainsi, cette activité s’inscrit dans la progression didactique en tant que perfectionnement qui vise à ce que les élèves puissent reproduire l’écriture de Momo dans leur pastiche. En effet, les élèves pourront se resservir de leurs gammes d’écriture ou de leurs phrases afin de s’inspirer lors de l’activité de création finale. En préambule, les perronismes servent à faire le pont entre la réalité et la fiction, Jean Perron déformant lui-même les expressions, un peu à la manière de Momo. La comparaison de champs lexicaux a pour but de montrer aux élèves que certains adjectifs ou verbes s’emploient exclusivement avec des personnes ou des objets et de montrer que transgresser cette règle entraine soit une personnification, soit une réification.
Les trois premières séances se déroulent sans interruption. Par la suite, les élèves disposent de deux semaines pour lire le reste du roman, soit du chapitre 8 à la fin, à raison de blocs de quinze minutes par cours jumelés à des périodes de lecture à la maison. Il y a également une période tampon de trente minutes durant cette période de deux semaines afin d’éclairer les élèves en cas d’incompréhension, par le moyen le plus approprié, comme la discussion en plénière ou les rencontres en petits groupes. De plus, pendant les périodes de lecture de quinze minutes, l’enseignant reste disponible si les élèves ont des questionnements ou des interrogations. Si les élèves ont terminé le roman, ils sont libres de travailler sur d’autres travaux en français durant cette période.
| Séance 4 : Retour sur la lecture, présentation des thèmes |
Objectifs spécifiques : - Dégager les thématiques importantes de l’œuvre; - reconnaitre les marques de modalité et leurs effets; - se familiariser au réseau intermédial entourant l’œuvre. |
Savoirs formels mobilisés : - Savoir dégager les thèmes dominants d’un texte littéraire; - savoir identifier les marques de modalité énonçant la présence de l’énonciateur dans un texte littéraire. |
Déroulement:
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Justification : Au retour de la période dédiée à la lecture du roman, les élèves sont invités à relever, à l’aide d’indices provenant du texte tels les champs lexicaux, les principaux thèmes. Selon la PDA, la reconnaissance des champs lexicaux est acquise dès la troisième secondaire et la compétence à «[d]égager ou traiter les thèmes et les sous-thèmes et les relier au sens général de l’œuvre » (MELS, 2011, p. 32) est vue de façon récurrente au deuxième cycle. La souffrance, l’oppression, le traumatisme, la solitude, l’absence de figure maternelle, la multiethnicité, l’avortement, l’euthanasie, l’amour ne sont que quelques exemples de thèmes présentés dans le roman, et qui montre la pertinence de cette activité. De plus, celle-ci permettra, d’une part, de créer un lien avec la séance précédente portant sur les figures de style et, d’autre part, de préparer les élèves au comité de lecture se déroulant au cours suivant en approfondissant leur compréhension du texte.
La seconde activité visant à amener les élèves à reconnaitre les marques de modalités permet également d’effectuer une progression avec le cours précédent. Ces marques faisant partie intégrante de l’œuvre expriment la subjectivité, les opinions, les croyances et les valeurs de Momo. Il est important de les souligner puisqu’elles témoignent de son point de vue fortement connoté. Par ailleurs, concernant les élèves de cinquième secondaire, la PDA prescrit la maitrise du contenu d’apprentissage suivant : « Reconnaitre la vision du monde du narrateur, sa prise de position révélée par la modalisation des énoncés, les commentaires, la symbolique de certains éléments, les discours rapportés, les séquences argumentatives, etc. » (MELS, 2011, p. 32)
La séance se conclut avec le visionnement de deux courts extraits vidéos d’une adaptation cinématographique et d’une adaptation théâtrale. Cette activité permet de marquer l’intertextualité en montrant aux élèves la pluralité des créations artistiques existantes en lien avec le sujet (Louichon, 2015). De plus, il est probable que l’image projetée par un réalisateur ou un metteur en scène des personnages diffère de la représentation qu’en ont les élèves. Ainsi, ces derniers sont confrontés au fait que le genre narratif qu’est le roman laisse une grande place à l’imagination. Également, une « étude comparée du texte source et de ses adaptations peut être l’occasion […] de construire des savoirs sur le monde littéraire » (Tauveron, 1999, p. 29). Ultérieurement, les élèves auront le loisir de s’appuyer sur leur expérience de visionnement afin d’enrichir leur comité de lecture ainsi que le débat interprétatif.
| Séance 5 : Comité de lecture |
Objectifs spécifiques : - Interpréter et apprécier certains extraits du roman La vie devant soi; - découvrir le genre oral du débat interprétatif ainsi que ses caractéristiques; - justifier la recevabilité de son interprétation en s’appuyant sur des extraits du roman La vie devant soi. |
Savoirs mobilisés : - Comparaison et distinction entre débat interprétatif et débat argumentatif; - respect du tour de parole et de l’accord intersubjectif entre les lecteurs; - mise à distance des ressources (y compris des préjugés), des pratiques de lecture, des interprétations et justification des liens entre le monde du lecteur et le monde du texte. |
Déroulement :
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Justification : Les exigences reliées au comité de lecture et au débat interprétatif sont présentées aux élèves dès le début de la séance pour consacrer davantage de temps, le cours suivant, au débat interprétatif. Ces explications permettent également de démystifier avec les élèves les caractéristiques du genre oral qu’est le débat. Pour sensibiliser les élèves à l’accord intersubjectif, il faudra leur présenter la distinction entre jugement de gout motivé et le jugement de valeur argumenté :
« Énoncer un jugement de goût à propos d’une œuvre d’art, c’est faire état du (dé) plaisir éprouvé au contact de cette œuvre. Dire les motifs du jugement de goût, c’est dire pourquoi elle nous a plu ou déplu. […] Argumenter un jugement de valeur, c’est tenter d’obtenir un accord, premièrement, sur des critères de valeur et, deuxièmement, sur la présence, dans l’œuvre considérée, de traits correspondant à ces critères. » (Dumortier, 2006, p.193)
On peut rattacher les jugements de gout et de valeur, respectivement, aux dimensions « Réagir » et « Apprécier » de la lecture. Lors du débat, les élèves sont invités à proposer des arguments ou des extraits du roman pour appuyer leurs réponses aux questions d'interprétation. Aussi, le fait que les élèves connaissent dès lors les règles qui entourent le débat interprétatif, telles que le respect du tour de parole, facilitera non seulement le déroulement du débat, mais assurera aussi les prises de parole en réaction aux propos des autres équipes. Ensuite, en sous-groupes de quatre ou cinq, les élèves sont invités à répondre à quatre questions d’interprétation. Ces questions sont imposées par l’enseignant dans l’optique de préparer les élèves à l’activité de création littéraire en fin de séquence. En ce sens, elles ont pour fonction d’attirer l’attention des élèves sur la personnalité de madame Rosa, sur le désir d’évasion de Momo et, ultimement, sur l’essence même de l’œuvre. Dans le carnet de lecteur, les équipes sont invitées à prendre en note leurs réponses de même que les éléments justificatifs tirés du roman. Les traces écrites permettent aux élèves d’être mieux préparés lorsqu’ils seront de nouveau confrontés aux questions durant le débat interprétatif. Ces notes feront partie de l’ensemble du carnet de lecteur qui, tel que mentionné plus haut, fera l’objet d’une évaluation sommative au terme de la séquence.
| Séance 6 : Débat interprétatif |
Objectifs spécifiques : - Interpréter certains extraits préalablement sélectionnés; - justifier oralement son interprétation; - respecter le tour de parole ainsi que l’accord intersubjectif entre lecteurs. |
Savoirs mobilisés : - Savoirs relatifs à la compétence orale; - justification d’une interprétation; - règles de base pour l’acceptabilité des interprétations. |
Déroulement :
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Justification: La sixième séance, qui est consacrée au débat interprétatif ainsi qu’à son évaluation formative, permet non seulement aux élèves de voir la pluralité des interprétations possibles dans le roman, mais aussi d’enrichir leur propre interprétation au contact de celle d'autrui : « tout lecteur interprète le texte en fonction de sa subjectivité : ses connaissances, ses stratégies, ses expériences, ses émotions, ses valeurs, les représentations qu’il partage au sein d’une communauté, etc. De plus, ses interprétations se construisent, se transforment, se peaufinent au fur et à mesure qu’il découvre celles des autres lecteurs du texte. » (Sauvaire, M., 2015)
En plus de contribuer à la compréhension et à l’interprétation de l’œuvre, le débat interprétatif permet une articulation entre la lecture et l’expression orale. En effet, le débat permet d’évaluer de façon formative la compétence « communiquer oralement » sans pour autant demander aux élèves de faire une présentation à l’avant. C’est une manière d’évaluer moins formelle et qui peut s’avérer moins stressante et plus attrayante pour les élèves. Néanmoins, quelques points peuvent être attribués pour la participation au débat, ou encore, ceux qui y participent pourraient être exemptés d'une évaluation orale sommative prévue au calendrier ; cela reste à la discrétion de l’enseignant.
Le retour sur le débat permet à l’enseignant de faire un court rappel sur les différentes interprétations énoncées lors du débat, sur ce qui a fait consensus et sur ce qui ne l’a pas fait, et ce, de façon neutre. La quatrième question pourrait également être l’occasion d’une comparaison, en plénière, des titres. Toujours selon une optique de partage des interprétations et afin de bien conclure l’activité en vue de la création littéraire commençant dès le cours suivant, les élèves sont invités à partager les titres qu’ils ont donnés aux chapitres du roman.
Finalement, l’enseignant devrait se garder quelques questions en réserve, qui n’auront pas été divulguées préalablement aux élèves, pour susciter l’intérêt des élèves plus forts qui pourraient trouver faciles et redondantes les questions provenant du comité de lecture.
| Séances 7 et 8 : Création d’un pastiche |
| Objectif spécifique : Réinvestir dans une démarche d’écriture les savoirs historiques, socioculturels, linguistiques et formels mobilisés le long de la séquence didactique sur La vie devant soi de Romain Gary. |
Savoirs mobilisés : - Savoirs formels relatifs à l’écriture; - savoirs linguistiques; - savoirs historiques et socioculturels. |
Déroulement :
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Justification : Cette évaluation sommative permet une articulation entre lecture et écriture, par le biais d’une consigne de création imposant plusieurs contraintes aux élèves, notamment au regard du contenu et du style. Elle touche aux objectifs de compréhension, d’interprétation et de réinvestissement des savoirs enseignés dans une démarche d’écriture. En effet, tous les savoirs formels et historiques travaillés en classe durant la séquence didactique peuvent être réinvestis dans cette démarche d’écriture (les figures de style, les thèmes, la vision du monde de Momo ainsi que sa relation avec les personnages). Cela donne non seulement sens aux contenus des cours précédents, mais permet aussi une vérification judicieuse des acquis. De plus, à travers le discours que les élèves doivent rédiger, la compréhension et l’interprétation de la relation entre Momo et Madame Rosa pourront être vérifiées.
Le texte exigé est plus court que ce qui est demandé en cinquième secondaire, car la création du pastiche exige de l’élève qu’il mobilise beaucoup de savoirs, qu’il s'inspire du style de Romain Gary et qu'il mette à profit sa créativité. Bien que le pastiche soit un genre qui, selon la PDA, devrait être travaillé avec les élèves de deuxième secondaire, le niveau de difficulté, élevé en raison des nombreuses contraintes imposées aux élèves, rend la rédaction pertinente en cinquième secondaire. (MELS, 2011, p. 82)
Aussi, l’exercice permet d’aller au-delà de l’histoire et de son interprétation par l’invention d’une suite : il s’agit ici d’une transformation du texte lu. À livre ouvert, les élèves peuvent se fier au dossier pédagogique pour alimenter leur réflexion et répondre le plus adéquatement à la consigne d’écriture. La rédaction peut se faire sur une feuille à part pour faciliter la consultation des notes consignées dans le cahier de lecteur. Au terme des deux séances, faisant tous deux l’objet d’une évaluation sommative, le carnet de lecteur ainsi que la rédaction finale sont soumis à l’enseignant.
Conclusion
Cette séquence didactique, basée sur le roman La vie devant soi de Romain Gary, est assez exigeante. En effet, elle couvre les trois compétences du français, soit « Lire et apprécier des textes variés », « Écrire des textes variés », « Communiquer oralement selon des modalités variées », en plus d’aborder les quatre dimensions de la lecture : comprendre, interpréter, réagir et apprécier. En acquérant des savoirs sociohistoriques et linguistiques nécessaires à la compréhension de l’œuvre, les élèves constituent le bagage nécessaire à la lecture, autonome, de l'entièreté du roman La vie devant soi. Tout au long de la lecture, la complétion périodique d'un carnet de lecteur facilite la mise à distance des élèves par rapport à l'œuvre. Après un retour en plénière sur le roman, visant l'identification des thèmes et des marques de modalité employées, l’enseignant présente des extraits d’adaptations cinématographique et théâtrale de l’œuvre pour familiariser les apprenants avec les autres formes possibles d'un récit, d'une grande pertinence pour la suite de la séquence. En effet, les deux cours suivants sont consacrés au comité de lecture et au débat interprétatif, qui visent à ce que les élèves dépassent la simple lecture individuelle, et qu'ils partagent, dans une visée intersubjective, leurs interprétations entre pairs. La séquence se termine par la rédaction d’un pastiche, une évaluation sommative ayant pour but un réinvestissement des savoirs acquis durant la séquence et une mise à profit de l’interprétation renouvelée en aval au comité de lecture et au débat interprétatif.
Bibliographie
Ahr, S., et Joole, P. (2010). Débats et carnets de lecteurs, de l'école au collège. Le français aujourd'hui, 1(168), 69-82. doi: 10.3917/lfa.168.0069
Dumortier, J-L. (2006). Conduite esthétique, jugement esthétique et écriture de soi. Repères, 34. 185-214. doi: 10.3406/reper.2006.2736
Fayol, M. (1996). La production du langage écrit. Dans J. David et S. Plane (dir.) L’apprentissage
de l’écriture de l’école au collège (p. 9-36). Paris : PUF.
Gary, R. (2010). La vie devant soi. Paris : Gallimard
Licorish, S. et al. (2017). “Go Kahoot!” Enriching Classroom Engagement, Motivation and Learning Experience with Games. Communication présentée à la 25th International Conference on Computers in Education. New Zealand: Asia-Pacific Society for Computers in Education, Christchurch, Nouvelle-Zélande. Repéré à https://www.researchgate.net/profile/Sherlock_Licorish/publication/322150947_Go_Kahoot_Enriching_Classroom_Engagement_Motivation_and_Learning_Experience_with_Games/links/5a484fd80f7e9ba868ab622d/Go-Kahoot-Enriching-Classroom-Engagement-Motivation-and-Learning-Experience-with-Games.pdf.
Louichon, B. (2015). Le patrimoine littéraire : un enjeu de formation. Tréma, 43, 1-10. doi : 10.4000/trema.3285
lsmail. (10 avril 2011). La vie devant soi (1977) [Vidéo en ligne]. Repéré à https://www.youtube.com/watch?v=S4MmeUHQQvA
Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport. (2011). Programme de formation de l’école québécoise : Progression des apprentissages au secondaire. Français langue d’enseignement. Repéré à http://www.education.gouv.qc.ca/fileadmin/site_web/documents/education/jeunes/pfeq/PDA_PFEQ_francais-langue-enseignement-secondaire_2011.pdf.
Petitjean, A. (1980). L'atelier d'écriture. Pratiques : linguistique, littérature, didactique, 26. 45-58. doi: 10.3406/prati.1980.1157.
Rodeo Theatre. (2 novembre 2018). La vie devant soi [Vidéo en ligne]. Repéré à https://vimeo.com/298576028
Sauvaire, M. (2015). Le rôle des pairs dans l’interprétation du texte littéraire. Correspondance. 20(2), Repéré à : http://correspo.ccdmd.qc.ca/.
Tauveron, C. (1999). Comprendre et interpréter le littéraire à l’école. Repères, 19, 9-38. doi: https://doi.org/10.3406/reper.1999.2289.
Annexe
Contenu du Carnet de lecteur
- Tableau synthèse des chapitres
- Journal de lecteur
- Dossier pédagogique contenant les activités
○ Séance 3 : tableau en trois temps contenant des passages du roman truffés de figures de style, une section pour leur identification et une pour l’effet créé.
○ Séances 4 : Section d’énumération des thèmes dominants du roman et tableau contenants divers exemples de marques de modalités extraites du roman
○ Séance 5 : Page de notes sur laquelle les élèves peuvent formuler leurs hypothèses et proposer des justifications en préparation aux questions qui seront posées lors du débat interprétatif de la séance 6.
○ Séance 6 : Page de notes sur laquelle les élèves peuvent noter de nouvelles interprétations ou façons de se représenter le roman.
○ Séances 7 et 8 : Plan du pastiche