Le Chien des Baskerville
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Séquence didactique
Justification et pertinence de l'oeuvre choisie
Notre séquence s’adresse aux élèves du premier cycle du secondaire. Elle s’articule autour du roman policier Le chien des Baskerville de Sir Arthur Conan Doyle, une œuvre faisant partie du patrimoine littéraire étant donné toute l’influence qu’elle a eue sur le genre roman policier. Outre la qualité de l’intrigue et la nature de la poétique du roman policier chez Conan Doyle, cette traduction se distingue également par la qualité de la langue (richesse du vocabulaire, complexité syntaxique). Elle constitue donc une œuvre à l’intrigue stimulante offrant un défi de lecture approprié aux élèves de première et deuxième secondaire.
Problèmes de lecture :
Notre séquence propose d’élucider deux obstacles à la compréhension de l’œuvre :
- L’irruption du surnaturel dans un roman policier ;
- Le choix de la narration watsonienne[1].
Les objectifs à la résolution de ces deux problèmes de lecture sont les suivants :
- Comprendre le surnaturel et son rôle dans un roman de genre policier ;
- Se familiariser avec le genre « roman policier » ;
- Se distancier de son idée première du surnaturel par la lecture littéraire en se forgeant des repères culturels en littérature québécoise et anglaise.
LA SEQUENCE
AVANT LA LECTURE
Activité 1 - Lecture d’un conte traditionnel québécois
Cette première activité de la séquence vise à introduire les élèves au concept de « surnaturel », un principe complexe dont le fantastique littéraire s’est inspiré et qui, par définition, s’oppose au concept du « naturel ». Ainsi, par la lecture d’un conte folklorique québécois, à savoir L’Homme du Labrador[2], et d’une discussion guidée par l’enseignant, les élèves se donneront une idée générale des concepts de « surnaturel » et de « naturel ». Il s’agit donc d’une amorce à l’un des horizons de lecture proposés dans la séquence. Nous suggérons la lecture des pages 200 à 204 et 222 à 225 du dossier d’accompagnement de Claude Gonthier et Bernard Meney présenté dans l’anthologie.
Canevas de discussion :
1. Dans le conte que nous venons de lire, le personnage du mendiant Rodrigue Bras-de-fer raconte une aventure dans lequel figurent, selon ses dires, des êtres très spéciaux. Qui sont-ils? (Réponses : Les petits diablotins. Le diable.)
2. S’agit-il d’êtres naturels ou surnaturels? (Réponse : Surnaturels)
3. Croyez-vous à ceux-ci, aux phénomènes surnaturels? (Réponses personnelles)
4. Parmi ceux qui ont répondu oui, pourquoi y croyez-vous? (Réponses personnelles)
6. Quels sont les personnages du conte qui sont de votre avis? Expliquez pourquoi. (Réponse : Le représentant du surnaturel est Rodrigue Bras-de-fer puisqu’il est l’auteur du récit et qu’il se montre convaincu du réel de celui-ci.)
7. Parmi ceux qui ont répondu non, qu’est-ce qui vous empêche de croire à ces phénomènes surnaturels? (Réponses : Ce sont des histoires inventées, il n’y a pas de preuves raisonnables, scientifiques...Notre raison et notre logique nous empêche d’y croire.)
8. Quels sont les personnages du conte qui sont de votre avis? Expliquez pourquoi. (Réponse : Le représentant du rationalisme est le jeune clerc, car il trouve démente la position du vieillard à l’aide d’explications scientifiques. Le vieillard était saoul, donc il est possible qu’il ait halluciné le récit.)
Intervention de l’enseignant : Retour sur la lecture, dégagement de l’horizon de lecture (l’opposition entre le surnaturel et naturel est présent dans la littérature) et remise de l’œuvre principal Le Chien des Baskerville.
Activité 2 - Introduction de l’œuvre : 1ère et 4e de couverture
Cette activité propose aux élèves, par une série de découvertes sur les indications offertes par un livre, en dehors même du texte, de poser des hypothèses quant au contenu du roman[3]. Ainsi, l’enseignant guide, dans un premier temps, les élèves dans l’étude de la page couverture et, dans un deuxième temps, de la quatrième de couverture. Pour y arriver, il leur propose d’observer attentivement chacune de ces pages couvertures isolément et les questionne ensuite sur leurs observations. Pour ce faire, l’enseignant aura préalablement exposé des contenus théoriques sur l’objet livre[4].
Pistes d’observations pour les élèves (1ère de couverture) : - L’illustration | Piste d’observations pour les élèves (4e de couverture) : - La photo de l’auteur |
PENDANT ET APRÈS LA LECTURE
Activité 3 - Lecture progressive de l’œuvre
- A. Lecture d’une section qui pique la curiosité des élèves. L’enseignant fait la lecture à haute voix[5] des deux premiers chapitres. Cela permet d’activer les connaissances à ce sujet et de motiver à lire la suite de l’histoire.
- B. Discussion autour des deux premiers chapitres. L’enseignant pose les questions suivantes aux élèves à l’oral.
Cadre spatiotemporel |
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Personnages principaux |
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Déroulement de l’histoire |
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Questions de prédictions |
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- C. Poursuite de la lecture jusqu’à la page 140, soit juste avant le dénouement et la résolution de l’énigme par Sherlock Holmes.
- D. Prédictions à partir de la page 140 du livre. Les élèves doivent répondre par écrit[7] aux questions suivantes.
Prédictions en cours de lecture |
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- E. Lecture de la suite par l’enseignant jusqu’à la fin.
Fin de la lecture : réactions.
Réaction au texte |
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La cause du meurtre |
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Le genre roman policier |
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Activité 4 - L’écriture (évaluation sommative)
Par la rédaction d’un nouveau dénouement du roman, l’élève est amené à s’inscrire dans l’esthétisme de l’œuvre et dans les caractéristiques génériques en prenant position sur le problème. Cette position devra s’actualiser dans le plan d’un dénouement logique. Ensuite, par la création d’une première de couverture, l’élève pourra mettre à profit ses talents d’infographiste afin de motiver la lecture de ce dénouement et de créer un horizon de lecture. Vérification de l’atteinte des objectifs suivants :
- Évaluer la compréhension du roman ;
- Prendre position sur le naturel ou sur le surnaturel dans un dénouement cohérent avec l’œuvre ;
- Comprendre l’utilité des signes présents sur une première de couverture.
Le plan comprendra :
- La nature du dénouement de l’enquête : fin surnaturelle ou rationnelle ;
- Des éléments qui permettent de créer un fil conducteur au dénouement de l’enquête (preuves, indices, mais surtout les liens qui seront établis entre eux afin de créer un dénouement) ; il s’agit de constituer à rebours l’histoire du meurtre ;
- Le choix d’un narrateur.
La rédaction contiendra les éléments du plan en texte suivi. La rédaction sera d’une longueur minimale de 250 mots.
- A. Création d’une première de couverture. Afin de vérifier le niveau de compréhension des élèves de la fonction de création d’attentes qu’a la première de couverture, l’enseignant leur demande d’en créer une représentative de l’œuvre (et du nouveau dénouement qu’ils ont créé) en utilisant les différentes indications observées dans l’activité 2 portant sur l’objet livre.
- La première de couverture comprendra :
- Les cinq indications obligatoires selon la loi ;
- Une illustration, au minimum, représentative de l’intrigue et du type de dénouement choisi (naturel/surnaturel) ;
- Titre et auteur (avec typographie significative).
Fiche critériée[8]
Rédaction :
Prise de position claire (cause naturelle ou surnaturelle de la mort) :
Reconstitution à rebours cohérente du meurtre :
- Présence d’éléments qui permettent de créer un fil conducteur au dénouement de l’enquête ;
- Liens clairs entre les indices et la résolution du meurtre (qualité du raisonnement).
Choix d’une narration claire et constante :
- Un personnage narrateur tout au long du dénouement.
Qualité du français :
Première de couverture :
Présence :
- De cinq indications obligatoires selon la loi ;
- D’au moins une illustration représentative de l’intrigue et du type de dénouement choisi (naturel/surnaturel) ;
- Du titre et de l’auteur (avec typographie significative).
Niveau de créativité de la démarche.
Bibliographie
AUBERT DE GASPÉ FILS, Philippe-Ignace-François, «L’homme de Labrador», dans
Treizes contes fantastiques québécois (anthologie), Montréal, XYZ éditeur, 2006,
p. 18 à 26.
[En ligne] http://books.google.ca/books?id=m5ostO62eIC&printsec=copyright&hl=fr#PPA3,M1.
CONAN DOYLE, Sir Arthur, Le chien des Baskerville, Maxi-livres (coll. Maxi-poche
Policiers), 2001, 192 pages.
[En ligne] http://www.sshf.com/index.php3?file=search_biblio&id=643.
FALARDEAU, Érick, «Pistes d’entrée en littérature ou en lecture?» dans Enjeux, no 58.
2003, p. 83-94.
FALARDEAU, Érick, «La place des lecteurs dans les classes de littérature» dans
Québec-Français, no 135, 2004, p. 38-41.
GELLY, Christophe, Le chien des Baskerville. Poétique du roman policier chez Arthur
Conan Doyle. Lyon, Presses universitaires de Lyon, 2005, 206 pages.
GIASSON, Jocelyne, La compréhension en lecture, Boucherville, Gaëtan Morin éditeur, 1990, 255 pages.
LITS, Marc, « Vingt règles pour le crime d’auteur » dans Le roman policier :
introduction à la théorie et à l’histoire d’un genre littéraire, Liège, Céfal, 1993,
p. 71-72.
MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION, DU LOISIR ET DU SPORT, Programme de
formation de l’école québécoise. Enseignement secondaire, premier cycle*,
Québec, 2003, p. 5.
REUTER, Yves, «L’objet livre» dans Pratiques, no 32, 1981 p. 105 à 112.
SPARKNOTES FROM BARNES AND NOBLE, Hound of Baskervilles – Sir Arthur
Conan Doyle, [En ligne]. http://www.sparknotes.com/lit/hound/, [1er avril 2008].
SIMARD, Denis, «Une approche culturelle de l’enseignement du français en langue
première», L’Écho du RÉS.É.A.U. Laval (4)1, (2004) p.11.
[1] La narration watsonienne est donc particulièrement peu fiable à maints égards, et cet affaiblissement de l’autorité narrative procède, il faut le remarquer, d’une évolution du genre (GELLY 2005).
[2] Ce choix de conte est très subjectif car il repose sur l’idée de faire écho à la culture folklorique des élèves, en l’occurrence celle de Québécois.
[3] « Cette activité repose sur l’hypothèse que la majorité des lecteurs ne savent pas (suffisamment) lire les indications offertes par un livre, qui cependant, les dirigent dans leur achat et les contraignent dans leur lecture. Lire ces indications permettra donc de réduire l’étrangeté culturelle des textes par leur manipulation, de comprendre comment un livre signifie déjà avant d’être lu, de repérer le réseau culturel dans lequel le livre s’inscrit, d’introduire l’étude de : qui fait le livre, comment et pourquoi » (REUTER 1981).
[4] Yves Reuter, « L’objet livre » dans Pratiques, no 32, 1981 p. 105 à 112.
[5] Ce choix participe de la stratégie du scénario, qui veut que l’enseignant débute le roman par une lecture dynamique motivant les élèves à participer à la discussion qui suivra et à lire la suite du roman. Cette « stratégie de préparation à la lecture pourrait se comparer aux extraits de films, […] nous donnant l’atmosphère sans dévoiler l’intrigue » (Giasson 1990 p.106.-107).
[6] Cette connaissance, qui aura déjà été abordée dans la première activité, devra être réactivée avant que les élèves répondent à la question.
[7] L’écrit servira à conserver ces réponses qui seront utilisées dans l’activité suivante.
[8] Voici une liste de critères possibles. La pondération est à la discrétion de l’enseignant.