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Planification d’une séquence didactique portant sur le récit d’aventures Le Livre de la Jungle: séquence destinée à des élèves de deuxième secondaire et respectant les prescriptions ministérielles

Fiche descriptive
Séquence didactique
Annexes
Planification d’une séquence didactique portant sur le récit d’aventures Le Livre de la Jungle: séquence destinée à des élèves de deuxième secondaire et respectant les prescriptions ministérielles
Monfette-Théoret, Justin et Nolet-Pichette, Francis
Par Monfette-Théoret, Justin et Nolet-Pichette, Francis


Nationalité de l'auteur : Québécoise
Genre : Contes et récits
Courant :
Siècle : 19e siècle
Groupe d'âge visé : Premier cycle secondaire
Auteur de la séquence : Monfette-Théoret, Justin et Nolet-Pichette, Francis
Date du dépôt : Hiver 2017


1. Justification de la pertinence du texte choisi

Notre séquence d’enseignement d’une durée de 6 à 7 cours sera proposée à des élèves de deuxième secondaire, en milieu d’année scolaire. Dans la Progression des apprentissages, il est spécifié que les élèves de ce niveau doivent être amenés à lire des récits de genres variés. C’est d’abord pour répondre à cette exigence ministérielle que nous avons choisi Le Livre de la Jungle, qui est un recueil de récits d’aventures. Pour la séquence, nous n’avons retenu que les trois premiers récits du recueil par souci de réduire la longueur du texte à faire lire, mais aussi parce qu’ils correspondent à l’histoire que nous connaissons et voulons faire redécouvrir aux élèves : celle de Mowgli.

D’autre part, le choix de cette œuvre est justifié par le fait qu’elle est accessible à des lecteurs non experts, mais que sa fine compréhension représente tout de même un défi. En effet, elle confronte le lecteur à certains problèmes de lecture nécessitant la mise en œuvre de stratégies : les nombreux retours en arrière exigent une reconstruction du fil des évènements, les valeurs prônées dans l’œuvre (ex. : la Loi de la Jungle) amènent l’élève à faire des liens avec sa vision personnelle du monde et le nombre élevé de personnages (nommés de plusieurs façons) exige de l’élève qu’il construise un schéma actanciel. Nous pourrons donc travailler ces stratégies avec les élèves pour atteindre notre objectif principal : leur permettre de devenir de meilleurs lecteurs de textes narratifs. L’œuvre nous permet également d’aborder plusieurs autres contenus prescrits par la Progression, dont la reprise de l’information et les discours rapportés directs (dialogues) que l’on retrouve tout au long du texte.

En faisant lire aux élèves le texte original de Le Livre de la Jungle, nous visons également un objectif plus implicite : développer leur culture littéraire en leur faisant redécouvrir une œuvre qu’ils connaissent (probablement) déjà en l’abordant sous l’angle de son historicité. En effet, l’histoire qui précède la rédaction de cette œuvre permet de la mettre en contexte.

Enfin, les thèmes abordés dans l’œuvre et le contexte entourant sa rédaction permettront aux élèves d’effectuer des apprentissages significatifs liés au domaine général de formation « Vivre ensemble et citoyenneté » : 1) les règles de vie et valeurs prônées dans l’œuvre, qui sont sujettes à débat, seront une occasion pour les élèves de donner leur opinion et d’ainsi « participer à la vie démocratique de la classe » ; 2) une capsule historique sur la culture indienne favorisera le développement d’« une attitude d’ouverture sur le monde et de respect de la diversité ». (MEES, 2017)

2. Justification du choix d’un ou de plusieurs problèmes de lecture posés par l’œuvre

L’œuvre de Kipling offre un nombre considérable de problèmes de lecture pertinents à travailler pour en faciliter la compréhension. Dans le cadre de cette séquence didactique, nous n’avons choisi d’approfondir que trois problèmes spécifiques à l’univers narratif et à la thématique du récit : les personnages (leurs rôles, leurs relations et l’insertion de dialogues), le cadre spatiotemporel (la reconstruction du cadre temporel et l’intrigue), puis le thème principal du récit et ses sous-thèmes, représentés par la Loi de la Jungle.

Tout d’abord, le nombre important de personnages présents dans le récit, leurs noms peu communs, de même que les différentes manières dont ils sont désignés, peuvent représenter un obstacle à la compréhension du texte par le lecteur. Pour cette raison, les élèves seront amenés à préciser le rôle de chaque personnage (héros, adjuvants, opposants, bienfaiteurs, victimes), leurs relations avec les autres personnages et la manière dont chacun est nommé dans le texte (leur nom et leurs surnoms, les figures de style servant à les désigner).

Ensuite, étant donné la présence de ruptures dans la chronologie des évènements (retours en arrière), reconstruire le cadre temporel sera plus que pertinent pour amener les élèves à bien comprendre l’histoire.

Par ailleurs, le thème de la loi est central dans le récit de Kipling : c’est la Loi de la Jungle qui dicte les comportements des personnages et les rapports entre habitants de la jungle, qui départage le bon du mal et qui justifie les décisions prises par le Clan. Aussi plusieurs sous-thèmes s’y rapportent-ils : des valeurs, telles que le respect, l’ordre, la solidarité, et des règles de vie en communauté, comme la hiérarchie sociale et la culture. Par conséquent, les élèves doivent saisir l’essence de cette Loi pour bien comprendre les actions des personnages dans le récit. Pour ce faire, ils doivent mettre en relation l’histoire racontée et leurs connaissances du monde pour ainsi développer leur esprit critique et leur capacité à inférer.

3. Détail chronologique du travail à mener avec les élèves

MISE EN SITUATION : Capsule historique sur l’auteur

1.  Présentation de la séquence :

- Présenter les objectifs de la séquence, le choix de l’œuvre et les contenus à travailler.

2.  Éveil des connaissances :

- Poser diverses questions aux élèves de manière à accéder à leurs connaissances sur l’univers entourant l’œuvre (son auteur, le contexte dans lequel les récits ont été rédigés, l’Inde, la jungle, la faune, etc.) : Connsaissez-vous Rudyard Kipling ? Connaissez-vous Le Livre de la Jungle ? Savez-vous dans quel contexte l’auteur a écrit ce récit d’aventures ? Avez-vous visionné les adaptations cinématographiques ?

3.  Présentation de l’auteur et de l’œuvre :

- Offrir un support visuel et/ou audiovisuel aux élèves : projeter sur le tableau interactif la page couverture du livre, des photos de l’auteur, une carte géographique de l’Inde, des extraits des adaptations cinématographiques de l’œuvre, des extraits musicaux de cette adaptation, etc.

Justification didactique :

La mise en situation vise à renseigner l’élève sur le contexte de rédaction de l’œuvre, de telle sorte qu’il puisse faire des liens entre ce contexte et l’histoire. En effet, « [cette étape] est [...] le moment durant lequel la classe construit une représentation de la situation de communication et de l’activité langagière à accomplir ». (Dolz et Schneuwly, 2001, p. 67) C’est également le moment idéal pour présenter aux élèves les objectifs de la séquence et les contenus qui seront travaillés. Cela permettra de leur faire voir que les activités s’intègrent dans une séquence logique : « [p]our que l’élève perçoive la valeur d’une activité, il faut qu’il puisse facilement constater que cette dernière est directement reliée à celle qu’il vient d’accomplir et à celle qui suivra ». (Viau, 2000, p. 2)

Étant donné que « [d]e nombreux apprenants ont plus de facilité à comprendre et à retenir l’information lorsqu’elle est présentée de façon visuelle » (Zwiers, 2008, p. 20, cité dans Falardeau, 2017a), le support visuel offert aux élèves pourra être réutilisé tout au long de la lecture de l’œuvre.

ACTIVITÉ 1 : Identification des personnages

Stratégie de lecture travaillée : « Dans le récit lu, j’ai identifié les personnages (Qui ?), leurs caractéristiques physiques et psychologiques, leurs émotions, leurs transformations au fil du récit, etc. » (Falardeau, 2017a)

Connaissances préalables :

  • Cerner les personnages en tenant compte de l’intrigue et du genre du récit : leur rôle et leurs relations avec les autres personnages et leur désignation et leur caractérisation., l’insertion d’éléments descriptifs comme le vocabulaire neutre ou expressif pour désigner ou caractériser la taille, le visage, l’allure, les qualités, les gouts, les liens de parenté) et l’insertion de dialogues (reconnaitre les propos des personnages et leurs façons de s’exprimer).
  • Reconnaitre l’insertion de séquences secondaires : l’insertion de séquences descriptives.
  • Reconnaitre le nom propre (son sens et son orthographe), le pronom pour nommer, des adjectifs, des noms et des adverbes et reconnaitre le sens et l’intérêt des figures suivantes : la comparaison et l’énumération.
  • Reconnaître les procédés de reprise de l’information et savoir identifier les référents.

Étapes :

  • Avant de commencer à lire l’œuvre, l’enseignant fournit aux élèves un Tableau des personnages (Annexe 1) qu’ils devront remplir et auquel ils pourront se référer pendant et après la lecture. Il en profite pour nommer la stratégie de lecture travaillée.
  • À voix haute, l’enseignant lit le premier récit de l’œuvre (Les frères de Mowgli) et fait un modelage (Annexe 2) : il s’arrête chaque fois qu’un nouveau personnage fait son apparition pour expliciter ses pensées et faire réfléchir les élèves. Il attire l’attention des élèves sur les informations liées aux personnages et guide leur prise de notes.
  • Après la première partie du récit, l’enseignant questionne les élèves sur l’utilité de la stratégie : Pourquoi cette stratégie est-elle utile lorsque nous lisons cette histoire, selon vous ? Ils devraient répondre que la stratégie, compte-tenu qu’il y a de nombreux personnages nommés de différentes façons, facilite la compréhension de l’histoire.

Justification didactique :

L’élève doit saisir dès le début de la lecture l’importance d’accorder une attention particulière aux personnages, sans quoi sa compréhension générale de l’histoire sera diminuée : « Comprendre les personnages demeure [...] le moyen fondamental de comprendre l’histoire comme un tout. » (Giasson, 2000, p.95, cité dans Falardeau, 2017a) D’ailleurs, dans cette histoire, et en particulier dans le premier récit, le nombre important de personnages, leurs noms peu communs de même que les différentes manières dont ils sont désignés peuvent représenter des obstacles à la compréhension du texte.

L’activité 1 est menée en même temps que l’activité 2, car « [i]dentifier les personnages est également important pour arriver à retracer la continuité et la progression d’un texte ; cela permet de cerner les référents des reprises anaphoriques. » (Joole, 2008, p.56, cité dans Falardeau, 2017a) Par ailleurs, cela sera très utile pour comprendre l’activité sur les discours rapportés.

ACTIVITÉ 2 : Tracer la ligne du temps du récit

Stratégies de lecture travaillée : « Dans le récit lu, j’ai dégagé le temps (Quand ?) et les lieux (Où ?) de l’histoire. » (Falardeau, 2017a)

Connaissances préalables :

  • Cerner le cadre spatiotemporel dans lequel se déroulent les évènements : la reconstruction du cadre temporel (le moment des évènements et leur durée) et les déplacements dans l’espace et dans le temps (l’itinéraire des personnages)
  • Cerner l’intrigue : le déroulement des évènements (l’ordre chronologique et les ruptures dans la chronologie).
  • Reconnaitre les mots et les groupes de mots qui donnent des précisions sur le temps : le moment, l’époque ; la durée ; la fréquence ; le début et la fin un évènement.

Étapes :

  •  Avant de commencer la lecture, l’enseignant fournit une Ligne du temps (Annexe 3) aux élèves. Cet outil leur permettra d’illustrer clairement le moment et la durée des évènements et ainsi d’éviter les ambiguïtés que pourraient créer les ruptures dans la narration.
  •  Par la suite, l’enseignant définit la stratégie de lecture travaillée :

Une ligne du temps sert à « [...] cerner le temps de l’action et les lieux dans lesquels l’histoire se déroule. » (Falardeau, 2017a) Elle vous permet de vous représenter l’atmosphère et le contexte d’une histoire plus facilement. De plus, « [votre] compréhension et [votre] interprétation d’un texte peut dépendre du temps et des lieux de l’histoire. » (Ibid.) Par exemple, si vous n’aviez pas su que le récit de Kipling se déroule en Inde, vous auriez peut-être eu de la difficulté à saisir que la faune est composée de tigres du Bengale, de panthères noires et d’éléphants sauvages.

  • À voix haute, l’enseignant lit le premier récit de l’œuvre (Les frères de Mowgli). Pour stimuler la réflexion des élèves, il s’arrête et leur pose des questions chaque fois que le lieu ou le temps sont nommés :

Combien de temps s’est écoulé depuis tel évènement ? L’histoire se déroule dans quel pays ? Dans quelle région, précisément ? Quels repères géographiques l’auteur nous fournit-il ?

  • Lorsque ces informations n’apparaissent pas explicitement dans le texte, l’enseignant attire l’attention des élèves sur les indices qui permettraient de les inférer. Puis, à partir d’un extrait de texte, l’enseignant effectue un modelage (Annexe 2) pour montrer comment inférer.

Justification didactique :

Faire les activités 1 et 2 sous forme de modelage permet de donner accès à l’élève aux processus cognitifs mis en œuvre par un lecteur expérimenté (Giasson, 1992). Il lui est alors permis de comprendre la stratégie avant de la mettre en pratique de manière guidée. D’ailleurs, « [l]es chercheurs s’étant intéressés à l’enseignement explicite s’entendent sur le fait qu’en début de leçon les enseignants doivent fournir aux élèves des explications significatives et approfondies sur la stratégie à l’étude [...] ». (Falardeau et Gagné, s. d., p. 7)

 

ACTIVITÉ 3 : Le discours rapporté direct et indirect (problème langagier)

Connaissances préalables :

  • Savoir distinguer les différents énonciateurs des propos rapportés : les énonciateurs (singulier ou collectif) sont désignés par un nom, un titre ou une fonction ; les énonciateurs sont identifiés avant ou après les propos rapportés.
  • Attribuer à chacun leur propos respectif : l’association du nom ou du pronom de reprise au bon énonciateur, la reconnaissance du changement d’énonciateur dans un dialogue (par un tiret).
  • Reconnaitre les caractéristiques du discours direct : les formes du discours direct (citation, dialogue, monologue intérieur, mot entre guillemets).
  • Reconnaitre les marques du discours direct : le propos est non modifié et le temps de verbe est indépendant de celui du verbe introducteur ; la phrase incise.

Étapes :

  • Éveil des connaissances en plénière : Qu’est-ce qu’un discours rapporté direct ? Qu’est-ce qu’un discours rapporté indirect ? À quoi servent-ils ? Comment peut-on les reconnaitre ?
  • Enseignement magistral des notions de discours rapporté direct et indirect (Annexe 4).
  • L’enseignant remet aux élèves un extrait du Livre de la Jungle (Annexe 5) puis leur donne la consigne suivante :
  1. 1.      Surlignez les paroles rapportées.
  2. 2.      Repérez et soulignez les indices signalant qu’il s’agit d’un discours rapporté et précisez la nature de ces indices.
  3. 3.      Précisez s’il s’agit d’un discours rapporté direct ou indirect.
  4. 4.      Indiquez qui parle et à qui.
  • L’enseignant place les élèves en équipes de deux, leur remet Le tableau des discours rapportés directs (Annexe 6) et les met au travail.
  • Retour en plénière. L’enseignant corrige les réponses des élèves et s’assure de leur compréhension.
  • Il remet les élèves au travail en leur donnant les consignes : Dans le même extrait du Livre de la Jungle, transformez trois discours rapportés directs en discours rapportés indirects sans changer le sens des phrases et du texte. N’hésitez pas à paraphraser.
  • Retour en plénière. L’enseignant vérifie les réponses des élèves et les corrige oralement sur-le-champ, au besoin.

Justification didactique :

Nul besoin de mentionner que, considérant le nombre de discours rapportés dans Le livre de la Jungle, si l’élève n’arrive pas à les repérer ou à savoir qui parle, il ne comprendra pratiquement rien de l’histoire. Travailler cette notion avant de poursuivre la lecture de l’œuvre s’avère donc primordial.

Pour optimiser l’efficacité de l’enseignement magistral, il est pertinent d’y intégrer des « activités d’apprentissage actif ». « [Ces dernières] sont particulièrement utiles pour maintenir la motivation et l’intérêt pour la matière. » (Prégent, Bernard et Kozantis, 2009, p. 82)

 

ACTIVITÉ 4 : Reconnaitre les thèmes et les sous-thèmes du récit

Connaissances préalables :

  • Reconnaitre un thème et des sous-thèmes : mise en relation de l’histoire racontée (propos, actions et réactions des personnages) avec sa connaissance du monde et l’effet sur soi.

Stratégie de lecture travaillée : « J’ai fait des liens entre des éléments du texte et ma vision personnelle du monde. » (Falardeau, 2017a)

Étapes :

  • Avant de poursuivre la lecture de l’œuvre avec les élèves, l’enseignant prend le temps de définir la stratégie :

-          En lecture, faire des rapprochements entre ses expériences personnelles, ses émotions et ses connaissances sur le monde, ses valeurs, permet d’améliorer sa compréhension des textes. (Gouvernement de l’Ontario, 2004, cité dans Falardeau, 2017a)

  • À partir des pages 6 à 12 du récit, l’enseignant fait un modelage (Annexe 7) des réflexions possibles pour que les élèves aient accès à ses processus cognitifs. (Ibid.)
  • Les élèves lisent individuellement le deuxième et le troisième récit (en classe ou en devoir) et l’enseignant exige qu’ils continuent de prendre des notes (Tableau des personnages et Ligne du temps). Il leur demande également de repérer trois lois de la Loi de la jungle.
  • Pour vérifier leur capacité à faire des liens entre le texte et leurs connaissances du monde, l’enseignant demande aux élèves de répondre par écrit aux questions suivantes :

-          Expliquez la signification des trois lois que vous avez identifiées.

-          Dans notre société, à quoi pourrait correspondre la Loi de la jungle ?

-          Quels liens pourriez-vous faire entre la Loi de la Jungle et les lois de notre société ? Quelles sont les ressemblances et les différences ? Selon vous, quelles sont les conséquences si les personnages dérogent à la Loi de la Jungle ?

  • Retour en plénière pour mettre les idées en commun et pousser la réflexion, dépendamment des réponses données par les élèves.

Justification didactique : Lorsqu’on amène les élèves à faire des liens entre l’histoire et leur vision personnelle du monde, « [ils] font des rapprochements personnels qui enrichissent leur compréhension et les aident à prendre de plus en plus conscience de leur propre identité sociale. » (Ibid.) D’ailleurs, les faire réfléchir sur les lois et les valeurs sociales est nécessaire si on veut en faire des citoyens qui, plus tard, participeront à la vie démocratique. Ainsi, les apprentissages faits s’inscrivent dans le domaine général de formation Vivre ensemble et citoyenneté (MEES, 2017).

 

ACTIVITÉ 7 : Lecture des deux autres récits

  • Les élèves lisent individuellement le deuxième récit (en classe ou en devoir) et l’enseignant exige qu’ils continuent de prendre des notes (Tableau des personnages et Ligne du temps).
  • L’enseignant vérifie les notes prises par les élèves et, au besoin, refait un modelage de certaines parties du texte et fait un retour sur certains extraits clés.
  • Les élèves lisent le dernier récit individuellement.

ACTIVITÉ 6 : Table ronde (évaluation formative)

Connaissances préalables :

  • Le genre oral « table-ronde ».
  • Introduire les propos à justifier et formuler de manière précise les raisons qui fondent ce propos (propos relevant de la subjectivité : l’interprétation et l’appréciation critique d’une œuvre) : énoncer le propos (une interprétation) ; justifier le propos par l’établissement de liens entre une interprétation et un texte.
  • Utiliser les ressources de la langue pour produire une justification : choisir un vocabulaire adéquat (termes précis et spécifiques au domaine du savoir, et termes justes, vocabulaire expressif dans le domaine de la subjectivité).

Étapes :

  • L’enseignant présente l’activité aux élèves :

-          À l’occasion d’une table ronde, vous devrez : 1. donner et justifier votre appréciation globale de l’œuvre en vous basant sur les personnages et sur le déroulement des évènements (l’ordre choisi par l’auteur) ; 2. donner et justifier votre interprétation de la Loi de la Jungle en vous basant sur votre connaissance du monde et sur vos expériences personnelles. Par ailleurs, vous vous adresserez à vos camarades de classe. Chaque table ronde sera formée de quatre élèves.

  • L’enseignant effectue un rappel des caractéristiques de la table ronde :

-          Une personne animera la table ronde.

-          Deux devront être établies pour assurer le bon fonctionnement de l’activité : chaque participant a le droit de parler à son tour, chaque participant a cinq minutes pour présenter son interprétation de l’œuvre et son appréciation globale de celle-ci.

-          À la fin de chaque présentation, tous les participants pourront échanger à tour de rôle.

-          Lors de votre présentation, vous devrez respecter la structure d’une séquence justificative : 1. Votre interprétation ; 2. Votre ou vos raisons ; 3. Le procédé langagier venant appuyer vos propos (citation, exemplification, définition et comparaison).

-          De plus, votre point de vue sera subjectif (votre présence devra être marquée).

  • L’enseignant évalue les élèves à partir d’une grille d’observation (Annexe 8).

 

Bibliographie :

CCDMD. Saisir les idées dans la phrase. Leçon 9 – Discours direct et indirect. Repéré à https://www.ccdmd.qc.ca/media/lect_5_5-09Lecture.pdf

Chartrand, S.-G., Aubin, D., Blain, R., Simard, C. (1999). Grammaire pédagogique du français d’aujourd’hui. Québec: Graficor.

Dolz-Mestre, J., Noverraz, M., Schneuwly, B. (2001). Introduction : Présentation de la démarche. Dans J. Dolz-Mestre, M. Noveraz, B. Schneuwly (dir.), S'exprimer en français: Séquences didactiques pour l'oral et pour l'écrit (Ie éd., vol. I, p. 06-17). Bruxelles : De Boeck.

Falardeau, É. (2017a). Fiches d’accompagnement pour l’enseignant. Repéré àhttps://www.strategieslectureecriture.com

 

Falardeau, É. (2017b). Affiches aide-mémoire pour les élèves. Repéré à https://media.wix.com/ugd/2facca_710b736f8c12477888b99e531eb1414b.pdf

 

Falardeau, É. et Gagné, J.-C. (s. d.). L’enseignement explicite des stratégies de lecture : des pratiques fondées par la recherche. Repéré à http://www.enseignementdufrancais.fse.ulaval.ca/fichiers/site_ens_francais/modules/document_section_fichier/fichier__ed4a4bd79f17__Enseignement_explicite_et_autoregulation_article_.pdf

 

Giasson, J. (1992). Stratégies d’intervention en lecture: quatre modèles récents. Dans C. Préfontaine & M. Lebrun (Eds.), La lecture et l’écriture : enseignement et apprentissage : acte du Colloque Stratégies d’enseignement et d’apprentissage en lecture/écriture. Montréal : Éditions Logiques, 219-239.

Kipling, R. (1894). Le livre de la Jungle (traduit de l’anglais par le groupe Ebooks libres gratuits). Éditions Ebooks libres et gratuits. Repéré à https://www.ebooksgratuits.com/pdf/kipling_le_livre_de_la_jungle.pdf

Lafontaine, L. (s.d.) L’évaluation de l’oral en classe de français au secondaire. Repéré à http://www.lizannelafontaine.com/pdf/eval.pdf

Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES). (2011). Progression des apprentissages  au secondaire : Français, langue d’enseignement. Québec.

Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES). (2017). Programme de formation de l’école québécoise : Français, langue d’enseignement. Québec.

Prégent, R., Bernard, H., et Kozantis, A. (2009). Enseigner à l'université dans une approche-programme. Québec: Presses internationales Polytechnique.

Viau, R. (2000). Des conditions à respecter pour susciter la motivation des élèves, Correspondances, 5(3), 1-5.

 

ANNEXES

ANNEXE 1: Tableau des personnages

 

Personnage (nom et surnoms)

 

Rôle

Relation avec le personnage principal

Caractéristiqus physiques et psychologiques

Évolution au cours de l’histoire

 

 

 

 

 

 

ANNEXE 2: Exemple de modelage à partir d’un extrait du Livre de la Jungle (activités 1 et 2)

Dans les encadrés, les écrits représentent les pensées que l’enseignant pourrait expliciter à voix haute. En noir, ce sont les commentaires liés au temps et aux lieux et en bleu, les commentaires liés aux personnages.

« Il était sept heures, par un soir très chaud, sur les collines de Seeonee.

ü   Ici, l’auteur me donne déjà un indice de lieu et de temps, mais ce n’est pas très précis. Je ne sais pas c’est en quelle année et je ne suis pas certain de savoir où se trouvent les collines de Seeonee. C’est probablement en Inde.

Père Loup s'éveilla de son somme journalier, se gratta, bâilla et détendit ses pattes l'une après l'autre pour dissiper la sensation de paresse qui en raidissait encore les extrémités. Mère Louve était étendue, son gros nez gris tombé parmi ses quatre petits qui se culbutaient en criant, et la lune luisait par l'ouverture de la caverne où ils vivaient tous.

·   Déjà, je viens de découvrir plusieurs personnages : Père Loup (d’après moi, c’est le chef d’une meute), Mère Louve et ses quatre petits. Je découvre également une caractéristique physique de Mère Louve: elle a un gros nez gris.

ü    Lorsque l’auteur affirme que la lune luit par l’ouverture, cela m’indique qu’il doit faire très noir. Il doit donc être très tard. J’apprends aussi tous les personnages que je viens de découvrir vivent dans une caverne.

 — Augrh ! dit Père Loup, il est temps de se remettre en chasse.

Et il allait s'élancer vers le fond de la vallée, quand une petite ombre à queue touffue barra l'ouverture et jappa :

ü     Ils semblent qu’ils vivent dans une vallée.

·    Je sens que je vais découvrir un nouveau personnage. S’il jappe, c’est sûrement un chien ou un loup.

— Bonne chance, ô chef des loups !

·         Je ne m’étais pas trompé. Père Loup est le chef des loups.

Bonne chance et fortes dents blanches aux nobles enfants. Puissent-ils n'oublier jamais en ce monde ceux qui ont faim !

C'était le chacal — Tabaqui le Lèche-Plat — et les loups de l'Inde méprisent Tabaqui parce qu'il rôde partout faisant du grabuge, colportant des histoires et mangeant des chiffons et des morceaux de cuir dans les tas d'ordures aux portes des villages. Mais ils ont peur de lui aussi, parce que Tabaqui, plus que tout autre dans la jungle, est sujet à la rage ; alors, il oublie qu'il ait jamais eu peur et il court à travers la forêt, mordant tout ce qu'il trouve sur sa route. Le tigre même se sauve et se cache lorsque le petit Tabaqui devient enragé, car la rage est la chose la plus honteuse qui puisse surprendre un animal sauvage. Nous l'appelons hydrophobie, mais eux l'appellent dewanee— la folie — et ils courent.

·        - À main levée, qui peut peut dire ce que ce paragraphe nous apprend sur Tabaqui?

·         - Quels sont les surnoms qu’on semble lui donner?

·        - Pourquoi les loups de l’Inde le méprisent-ils?

ü       - Si « les loups de l’Inde » le méprisent, l’histoire doit se dérouler en Inde.

·        - Pourquoi les autres animaux ont-ils peur de lui?

·        - Pourquoi l’appelle-t-on dewanee, selon vous?

·        - D’après vous, est-ce un «gentil» ou un «méchant» (un opposant ou un adjuvant)?

 — Entre alors, et cherche, dit Père Loup avec raideur ; mais il n'y a rien à manger ici.

Il répond «avec raideur». Cela doit être parce qu’il n’apprécie pas sa présence.

— Pour un loup, non, certes, dit Tabaqui ; mais pour moi, mince personnage, un os sec est un festin. Que sommes-nous, nous autres Gidur-log (le peuple chacal), pour faire la petite bouche ?

·    J’apprends que Tabaqui est mince. C’est probablement parce qu’il ne mange pas beaucoup : pour lui, un os est un festin.

Il obliqua vers le fond de la caverne, y trouva un os de chevreuil où restait quelque viande, s'assit et en fit craquer le bout avec délices. […] »

 

ANNEXE 3: Ligne du temps

 

 

 

 

ANNEXE 4 : Théorie sur le discours rapporté direct et indirect (Chartrand, Aubin, Blain et Simard, 1999, p. 40-41)

 

ANNEXE 5 :  Extrait du Livre de la jungle (Kipling, 1894, p. 12 à 15)

« Akela, de son côté, criait :

— Vous connaissez la Loi, vous connaissez la Loi. Regardez bien, ô loups !

 Et les mères reprenaient le cri :

— Regardez, regardez bien, ô loups !

À la fin (et Mère Louve sentit se hérisser les poils de son cou lorsque arriva ce moment) Père Loup poussa « Mowgli la Grenouille », comme ils l'appelaient, au milieu du cercle, où il resta par terre à rire et à jouer avec les cailloux qui scintillaient dans le clair de lune. Akela ne leva pas sa tête d'entre ses pattes mais continua le cri monotone :

— Regardez bien !...

Un rugissement sourd partit de derrière les rochers — c'était la voix de Shere Khan :

— Le petit est mien. Donnez-le-moi. Le Peuple Libre, qu'a-t-il à faire d'un petit d'homme ?

Akela ne remua même pas les oreilles ; il dit simplement :

— Regardez bien, ô loups ! Le Peuple Libre, qu'a-t-il à faire des ordres de quiconque, hormis de ceux du Peuple Libre ?...  Regardez bien !

Il y eut un chœur de sourds grognements, et un jeune loup de quatre ans, tourné vers Akela, répéta la question de Shere Khan :

— Le Peuple Libre, qu'a-t-il à faire d'un petit d'homme ?

Or, la Loi de la Jungle, en cas de dispute sur les droits d'un petit à l'acceptation du Clan, exige que deux membres au moins du Clan, qui ne soient ni son père ni sa mère, prennent la parole en sa faveur.

— Qui   parle ?

Il n'y eut pas de réponse, et Mère Louve s'apprêtait pour ce qui serait son dernier combat, elle le savait bien, s'il fallait en venir à combattre. Alors, le seul étranger qui soit admis au Conseil du Clan — Baloo, l'ours brun endormi, qui enseigne aux petits la Loi de la Jungle, le vieux Baloo, qui peut aller et venir partout où il lui plaît, parce qu'il mange uniquement des noix, des racines et du miel — se leva sur son séant et grogna.

— Le Petit d'Homme... le Petit d'Homme ?... dit-il. C'est moi qui parle pour le Petit d'Homme. Il n'y a pas de mal dans un petit d'homme. Je n'ai pas le droit de la parole, mais je dis la vérité. Laissez-le courir avec le Clan, et qu'on l'enrôle parmi les autres. C'est moi-même qui lui donnerai des leçons.

— Nous avons encore besoin de quelqu'un d'autre, dit Akela. Baloo a parlé, et c'est lui qui enseigne nos petits. Qui parle avec Baloo ?

Une ombre tomba au milieu du cercle. C'était Bagheera, la panthère noire. Sa robe est tout entière noire comme l'encre, mais les marques de la panthère y affleurent, sous certains jours, comme font les reflets de la moire. Chacun connaissait Bagheera, et personne ne se souciait d'aller à l’encontre de ses desseins, car Tabaqui est moins rusé, le buffle sauvage moins téméraire, et moins redoutable l'éléphant blessé. Mais sa voix était plus suave que le miel agreste, qui tombe goutte à goutte des arbres, et sa peau plus douce que le duvet.

— Ô Akela, et vous, Peuple Libre, ronronna sa voix persuasive, je n'ai nul droit dans votre assemblée. Mais la Loi de la Jungle dit que, s'il s'élève un doute dans une affaire, en dehors d'une question de meurtre, à propos d'un nouveau petit, la vie de ce petit peut être rachetée moyennant un prix. Et la Loi ne dit pas qui a droit ou non de payer ce prix. Ai-je raison ?

— Très bien ! très bien, firent les jeunes loups, qui ont toujours faim. Écoutons Bagheera. Le petit peut être racheté. C'est la Loi.

— Sachant que je n'ai nul droit de parler ici, je demande votre assentiment.

— Parle donc, crièrent vingt voix.

— Tuer un petit nu est une honte. En outre, il pourra nous aider à chasser mieux quand il sera d'âge. Baloo a parlé en sa faveur. Maintenant, aux paroles de Baloo, j'ajouterai l'offre d'un taureau, d'un taureau gras, fraîchement tué à un demi-mille d'ici à peine, si vous acceptez le Petit d'Homme conformément à la Loi. Y a-t-il une difficulté ? Il s'éleva une clameur de voix mêlées, parlant ensemble :

— Qu'importe ! Il mourra sous les pluies de l'hiver ; il sera grillé par le soleil... Quel mal peut nous faire une grenouille nue ?... Qu'il coure avec le Clan !...Où est le taureau, Bagheera ?... Nous acceptons. »

 

ANNEXE 6: Tableau des discours rapportés directs

Prise de parole (#)

Paroles rapportées

Indices/

nature des indices

Qui parle? À qui?

Discours direct ou indirect?

 

 

 

 

 

(CCDMD)

ANNEXE 7 : Activité 4 - Modelage de la stratégie « J’ai fait des liens entre des éléments du texte et ma vision personnelle du monde. » (Falardeau, 2017a)

 

Le Père Loup vient de dire que, selon la Loi de la Jungle, le tigre n’a pas le droit de changer ses battues… C’est quoi ça, la Loi de la Jungle? On parle de droit : on dit que le tigre ne peut changer ses battues. On parle également de loi. C’est comme si la Loi de la Jungle dictait les comportements des animaux. Ça le dit, c’est la loi de la “Jungle”. Ici, c’est comme si le mot “jungle” désignait tous les êtres qui y vivent, soit tous les animaux.

 

Je vais poursuivre ma lecture pour voir si je peux en apprendre un peu plus sur cette Loi. Ah! Là, à la page 7, la Loi dit que les animaux n’ont pas le droit de tuer l’homme, sauf pour pouvoir leur montrer comment tuer. Et juste avant, ça dit que la Loi n’ordonne rien sans raison. On dirait vraiment qu’elle sert à justifier les comportements des animaux, à départager le bien du mal, l’interdit du légal. Si je comprends bien, c’est un peu comme nos lois, les lois de notre société, parce que nos lois servent aussi à départager l’interdit du légal. Par exemple, c’est interdit de voler ou de tuer au Québec.

 

ANNEXE 8 : Grille d’observation (Lafontaine, s.d.)

 

 

 


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